Avec le
concours du Censervatoire des Espaces Naturels d’Alsace (gestionnaire de la
réserve du Delta de la Sauer et du Fonds de dotation « Biodiversté -
Environnement – Soliarité ».
Au cours de ces dernières années, nous avons
observé, en tant que bagueurs, une nette diminution de la faune avienne. À la
Station ornithologique de Munchhausen, située dans le nord du Bas-Rhin, nous
baguons des oiseaux depuis le début des années 1970, et il est vrai que, depuis
maintenant une bonne dizaine d’années, nos captures sont en diminution.
Dès 1995, nous avons
intégré une étude européenne initiée par la Fondation scientifique européenne (European
Science Foundation), sous l’égide du professeur Bairlein de la
Vogelwarte Helgoland. Un premier protocole (Bairlein,1997)
auquel nous nous sommes attachés a ensuite été suivi de deux autres protocoles
mis en place par le C.R.B.P.O. (Centre de Recherches sur la Biologie des
Populations d’Oiseaux) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Nous
avons d’ailleurs publié de premiers résultats, assez succincts, portant sur les
deux premières années d’étude (Koenig, 1999). Notre intérêt s’est
principalement porté sur les fauvettes, tant paludicoles que terrestres, ainsi
que sur deux petits turdidés : le Rougegorge familier (Erithacus
rubecula) et le Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica).
Gorgebleue à miroir (luscinia svecica)
Entre 1995 et 2024 nous avons bagué 60036
oiseaux. Effectué 1732 contrôles dont 112 étrangers.
Fig.1 : baguages par année.

Parmi ces oiseaux, ce sont les Rousserolles
effarvattes (Acrocephalus scirpaceus) (n =
35 640) qui sont les plus nombreuses, suivies des Fauvettes à tête noire (Sylvia
atricapilla) (n = 11 817). Viennent ensuite les Rougegorges
familiers (n = 2 855), puis les Fauvettes des jardins (Sylvia
borin) (n = 1 318).
Fig.3 : Nbre d’oiseaux capturés à l’heure
(H) et au mètre de filets (M) au cours des années.

Afin de mieux appréhender cette chute, il
convient de cibler les analyses sur les espèces faisant l’objet d’un suivi plus
approfondi. Il s’agit de la Rousserolle effarvatte, de la Fauvette à tête noire
— deux espèces déjà citées — mais également du Rougegorge familier (Erithacus
rubecula), de la Fauvette grisette (Sylvia communis)
et de la Fauvette des jardins (Sylvia borin). Le Phragmite
des joncs (Acrocephalus schoenobaenus)
peut également être associé à cette analyse, mais dans une moindre mesure, ses
effectifs en halte migratoire étant relativement faibles dans notre région
(Koenig et al., 1997).
Fauvette à tête noire (fem) (Sylvia atricapilla)
En
prenant les années 2015 à 2025 les chiffres montrent une perte de quasi 50% des
effectifs de migrateurs capturés dans ce site du nord du Bas-Rhin. Quelles
peuvent être les raisons expliquant cette chute ? La raison principale de cette
variation est très probablement la qualité des conditions environnementales que
ces espèces ont sur leur lieu de reproduction (GHILAIN et.al., 2024). Il est
donc fondamental de maintenir ces écosystèmes diversifiés sous toutes les
latitudes y compris les nôtres.
Nous
avons également décidé de continuer cette étude en utilisant e même protocole,
et ce durant au minimum 5 ans. Grâce au concours que nous apportent le CEN
Alsace et le Fonds de dotation « Biodiversité – environnement –
Solidarité » nous pouvons renouveler et améliorer notre matériel de
capture et de baguage.
Bibliographie.
Bairlein F. 1997 - Spatio-temporal course Ecology and energetics of Western
Paleartic-African songbird migration. Summary report of 1994-1996. European
Science Foudation. 362 p.
Koenig p. & Schmitter L. 1997 – Le baguage à la Station Ornithologique
de Munchhausen en 1996. Le Schoeniclus 2 : 3-11.
Paul KOENIG
