vendredi 31 juillet 2026

Etude sur le passage des fauvettes (genre Sylvia, Acrocephalus, Locustella) et deux petits turdidés (genre Luscinia et Erithacus) à la Station ornithologique de 67-Munchhausen.

 

Avec le concours du Censervatoire des Espaces Naturels d’Alsace (gestionnaire de la réserve du Delta de la Sauer et du Fonds de dotation « Biodiversté - Environnement – Soliarité ».

Au cours de ces dernières années, nous avons observé, en tant que bagueurs, une nette diminution de la faune avienne. À la Station ornithologique de Munchhausen, située dans le nord du Bas-Rhin, nous baguons des oiseaux depuis le début des années 1970, et il est vrai que, depuis maintenant une bonne dizaine d’années, nos captures sont en diminution.

Dès 1995, nous avons intégré une étude européenne initiée par la Fondation scientifique européenne (European Science Foundation), sous l’égide du professeur Bairlein de la Vogelwarte Helgoland. Un premier protocole (Bairlein,1997) auquel nous nous sommes attachés a ensuite été suivi de deux autres protocoles mis en place par le C.R.B.P.O. (Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Nous avons d’ailleurs publié de premiers résultats, assez succincts, portant sur les deux premières années d’étude (Koenig, 1999). Notre intérêt s’est principalement porté sur les fauvettes, tant paludicoles que terrestres, ainsi que sur deux petits turdidés : le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et le Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica).

  Gorgebleue à miroir (luscinia svecica)

Entre 1995 et 2024 nous avons bagué 60036 oiseaux. Effectué 1732 contrôles dont 112 étrangers.

Fig.1 : baguages par année.

Parmi ces oiseaux, ce sont les Rousserolles effarvattes (Acrocephalus scirpaceus) (n = 35 640) qui sont les plus nombreuses, suivies des Fauvettes à tête noire (Sylvia atricapilla) (n = 11 817). Viennent ensuite les Rougegorges familiers (n = 2 855), puis les Fauvettes des jardins (Sylvia borin) (n = 1 318).

Fig.3 : Nbre d’oiseaux capturés à l’heure (H) et au mètre de filets (M) au cours des années.

Afin de mieux appréhender cette chute, il convient de cibler les analyses sur les espèces faisant l’objet d’un suivi plus approfondi. Il s’agit de la Rousserolle effarvatte, de la Fauvette à tête noire — deux espèces déjà citées — mais également du Rougegorge familier (Erithacus rubecula), de la Fauvette grisette (Sylvia communis) et de la Fauvette des jardins (Sylvia borin). Le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) peut également être associé à cette analyse, mais dans une moindre mesure, ses effectifs en halte migratoire étant relativement faibles dans notre région (Koenig et al., 1997).

  Fauvette à tête noire (fem) (Sylvia atricapilla)


En prenant les années 2015 à 2025 les chiffres montrent une perte de quasi 50% des effectifs de migrateurs capturés dans ce site du nord du Bas-Rhin. Quelles peuvent être les raisons expliquant cette chute ? La raison principale de cette variation est très probablement la qualité des conditions environnementales que ces espèces ont sur leur lieu de reproduction (GHILAIN et.al., 2024). Il est donc fondamental de maintenir ces écosystèmes diversifiés sous toutes les latitudes y compris les nôtres.

Nous avons également décidé de continuer cette étude en utilisant e même protocole, et ce durant au minimum 5 ans. Grâce au concours que nous apportent le CEN Alsace et le Fonds de dotation « Biodiversité – environnement – Solidarité » nous pouvons renouveler et améliorer notre matériel de capture et de baguage.

 

Bibliographie.

Bairlein F. 1997 - Spatio-temporal course Ecology and energetics of Western Paleartic-African songbird migration. Summary report of 1994-1996. European Science Foudation.   362 p.

Koenig p. & Schmitter L. 1997 – Le baguage à la Station Ornithologique de Munchhausen en 1996. Le Schoeniclus 2 : 3-11.

Paul KOENIG 

                                              

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